SKC Surat & Co part à la conquête de la Grande île. Le leader mauricien de la distribution de fruits et légumes mettra le cap sur Madagascar. Certainement pas pour se lancer dans l'exploration pétrolière, mais pour y cultiver des fruits et légumes, qui reste son cœur de métier sur une base industrielle.
Le projet a pris un coup d'accélérateur vendredi dernier lors du Madagascar Investment Award. Un protocole d'accord à été signé entre les différents partenaires qui sont malgaches, réunionnais et mauriciens.
“Le projet est toujours en cours de finalisation. Si tout ce passe comme on le souhaite, nous devrons en principe débuter nos opérations en novembre de cette année”, souligne Shyam Surat, chief executive officer de SKC Surat.
SKC Surat vise la production de fruits : pomme, orange, nectarine, entre autres, ainsi que de légumes tels que la pomme de terre, oignon, etc., sur les vastes terres d'Antsirabé. Située à l'Ouest de Madagascar, la région est surtout connue pour ses terres fertiles et un climat favorable pour ces types de culture.
Dans un premier temps, la culture s'étendra sur un terrain de 300 hectares, soit près de 741 arpents. L'investissement dans le projet pool vert est notamment important, soit un montant de Rs 100 millions et sera étalé sur trois ans. Un centre de distribution verra également le jour. Il comprendra pas moins de cinq à six chambres froides ainsi qu'un centre d'emballage.
Pour commencer, plus d'une centaine de personnes, essentiellement des Malgaches, seront employées. La main-d'œuvre devrait suivre avec toute hausse dans la production.
Les produits seront exportés aussi bien à Maurice que dans la région. Maurice pourrait d'ailleurs tirer profit de ce projet. La raison est simple : la majorité des fruits sont importés de l'Afrique du Sud. La hausse du rand par rapport à la roupie mauricienne n'arrange pas les affaires. SKC Surat l'a bien compris. “Nous allons avoir un produit très compétitif, qui mettra deux jours à arriver en bateau contre 15 jours en provenance d'Afrique du Sud”, souligne Shyam Surat.
Au niveau des contrôles phytosanitaires, le CEO de SKC Surat ne se fait pas trop de soucis. “Nous avons discuté de ce problème aussi bien avec les autorités malgaches que mauriciennes. Les contrôles sont stricts. Nous n'aurons aucun problème pour exporter aussi bien à Maurice que dans la région”, affirme-t-il.
Créer plus d'emplois
Madagascar veut aujourd'hui doubler la présence mauricienne sur son sol. L'ambassadeur malgache Bruno Ranarivelo l'a clairement fait savoir vendredi dernier à l'occasion du Madagascar Investment Award. “Je n'ai aucun doute sur les possibilités des entreprises mauriciennes à relever ce défi sachant que les conditions de l'environnement des affaires à Madagascar vont actuellement dans le sens souhaité, et ce, malgré toutes les difficultés à surmonter”, a-t-il ajouté.
Cette cérémonie, organisée par l'ambassade malgache à Maurice, visait à honorer ces entreprises mauriciennes qui ont investi dans la Grande île. Des entreprises qui ont créé au passage, plusieurs milliers d'emplois dans de nombreux secteurs: textile et agro-industrie, entre autres.
Si les tracasseries tels la corruption, le fardeau bureaucratique et les pénibles procédures douanières, entre autres sont éliminées, la coopération Maurice- Madagascar a donc ainsi de belles années devant elle.
Ashvin RAJARAI
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