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INTERVIEW
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J'ai célébré 1300 fiançailles
("fanateram-bodiondry"), par le biais desquelles
je me pose comme défenseur de la culture malgache à
travers le "Kabary"
Georges
Andriamanantena ou RADO de son nom d'artiste est une
grande figure du monde de la culture malgache. Ses poèmes
ont marqué notre jeunesse et nos années-lycée
("Ho any ianao kanefa ..."). A 80 ans, ce poète,
peintre, compositeur, orateur ... est une personnalité
respectée, un "raiamandreny", au sein de
la société malgache.
Défenseur de la tradition, Rado s'est toujours efforcé
de protéger l'identité malgache menacée
par la mondialisation culturelle. Il est d'ailleurs membre
de l'Académie malgache.
SOBIKA
: Vous allez venir en France pour célébrer votre
80ème anniversaire à Paris. Comment l'idée
vous est-elle venue ?
RADO
: Je me rendrai à Paris en réponse à
l'invitation de "Madagasc'art Développement"
et "Newmagazine". En effet, mes 80 ans ont été
célébrés à Antananarivo le 1er
octobre 2003, jour de mon anniversaire. Ce moment était
l'occasion pour mes proches et amis de rendre hommage à
mes oeuvres. Différentes personnalités, comme
les ministres malgaches de la Culture, de l'Enseignement supérieur,
de la Communication, ainsi que les représentants de
maisons d'édition m'y ont honoré de leur présence,
et à travers moi, ont rendu hommage à la Culture
et l'Art malgaches en général.
L'écho de la célébration de cet anniversaire
a donné l'idée à "Madagasc'art Développement"
et "Newmagazine" de faire profiter de cet événement
culturel à mes compatriotes installés en France.
SOBIKA
: Qui est-il RADO pour ceux qui ne le connaissent pas assez
?
RADO
: Je suis tout d'abord connu en tant qu'écrivain. J'ai
été journaliste pendant 20 ans. Je suis poète,
et certains de mes ouvrages ont fait partie des programmes
nationaux dans l'enseignement secondaire et l'enseignement
supérieur à Madagascar.
Je suis également orateur, et durant ces 50 dernières
années, j'ai célébré 1300 fiançailles
("fanateram-bodiondry"), par le biais desquelles
je me pose comme défenseur de la culture malgache à
travers le "Kabary". Par ailleurs, je suis artiste
peintre. Je consacre la majeure partie de mon temps à
la peinture, la pyrogravure et la gravure sur métal
ou sur verre. Je suis également compositeur de chants
religieux qui sont interprétés par diverses
chorales dans différentes confessions à Madagascar.
Certains de ces chants sont repris dans les cantiques ou recueils
("fihirana"). Sinon, je suis auteur de plusieurs
chansons de variétés dont les paroles ont donc
été tirées de mes recueils de poèmes.
Enfin, je suis membre titulaire de l'Académie malgache
depuis 15 ans.
SOBIKA
: Pour quelle raison vous positionnez-vous comme défenseur
de la culture malgache ?
RADO
: Je constate que Madagascar est en train de s'acculturer.
Toute notre jeunesse est en danger culturel. A force de vouloir
imiter les autres, nous sommes en train de perdre notre identité.
Nous n'avons plus aucune dignité puisque nous sommes
en train de tout emprunter, non seulement l'argent, mais aussi
la civilisation.
SOBIKA
: Parmi vos oeuvres, lesquelles seront produites à
l'Espace Saint-Martin à Paris le samedi 27 mars prochain
?
RADO
: Outre la présentation de poèmes et de chants
dont je suis l'auteur (ou auteur-compositeur), il y aura une
exposition-vente de livres, de CD, de tableaux et même
de photos en souvenir de ce 80ème anniversaire. Un
moment sera consacré spécialement aux dédicaces
("rango-tsiaro" en malgache) de ces oeuvres pour
ceux qui les souhaitent.
SOBIKA
: Que ressentez-vous à la veille de votre venue en
France ?
RADO
: Je suis doublement comblé de joie, d'abord pour aller
à la rencontre du public malgache en France, et ensuite
pour partager ce que j'ai réalisé dans toute
mon existence dans les domaines artistique et culturel. Ce
n'est pas la première fois que je me rends en France
mais ce séjour restera certainement à jamais
dans ma mémoire.
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