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de Madagascar |
sont
partenaires de la sortie du Film "Mahaleo" 07
FEVRIER : Raymond
Rajaonarivelo ,
co réalisateur du Film Mahaleo. Sortie nationale ( France ) le 16 Mars

"
Le film est " vrai " et " juste .". Bonjour
Raymond. Merci de nous accorder cette interview pour Sobika. Nous connaissons
tous le Film Tabataba dont tu es le réalisateur mais peu d'entre nous te
connaissent vraiment Peux tu nous faire un bref historique de ta personne ? Bonjour
aux internautes de Sobika ! Pour faire rapide, j'ai quitté Madagascar après
le bac pour venir en Francefaire des études cinématographiques.
Après celles-ci, j'ai participé à plusieurs films en tant
qu'assistant réalisateur avant de passer derrière la caméra
avec ma première réalisation en 1978 " Izaho iokanga ianao
valiha ", un court métrage basé sur le très beau poème
de Dox (poète malgache ) En 1988 j'ai présenté Tabataba mon
premier long metrage à Cannes dans la prestigieuse selection de la Quinzaine
des réalisateur, pour lequel j'ai recu le prix du public, ensuite le film
a obtenu le prix du Jury de Taormina en Italie et le prix de la première
uvre à Carthage. | raymond
Rajaonarivelo, auteur réalisateur né à Madagascar 1978
: Izaho iokanga ianao valiha
1980:
Babay sa lovohitra
1988
: Tabataba Quinzaine des réalisateurs Cannes prix du public de
la ville de cannes Prix du jury Taormina prix de la premieère oeuvre
Carthage 1994
Le jardin des corps
1996
Quand les étoiles rencontrent la mer
|
Qu'est
ce qui t' a lancé dans des études de cinéma ?
Pour tout te dire, quand j'étais plus jeune j'étais fasciné
par le ciel, et les nuages. Et dans les nuages, il y a toujours des histoires
à inventer quand on est jeunes. Tel nuage devient une image . je crois
que c'est cela qui m'a dirigé vers le cinéma : l'envie de raconter
des histoires en images 
Tabataba
était un film très personnel et poétique Pour donner une
idée plus précise à nos lecteurs, comment définirais
tu ton style cinématographique ? Je
suis un cinéaste et une personne qui aime la poésie. Il y a comme
un duo d'amour entre la poésie et moi, c'est pour cela que mon premier
film emprunte au poème " izaha iokanga ianao valiha " de DOX.
En même temps je suis toujours à la recherche de la Beauté
avec un grand B. C'est pour cela que je prefere faire des images en relation avec
cette recherche et emprunt de poesie ! A
quel cinéaste te référerais tu dans cette quête de
la beauté et de la perfection ? Je
pense à Wong Kar Wai et son film " In the mood for love " ( cinéaste
hong kongais ). Plus lointain, Akira kurusawa ( certainement le grand plus cinéaste
japonais ) . J'aimerai bien un jour arriver à faire des films qui se rapprocherai
de cette beauté. Tu
penses avoir atteint cette perfection dans tes films ? Non,
sinon j'aurai arrêté ! Bien sûr j'aime beaucoup mes films,
c'est normal et j'ai beaucoup appris dans chacun d'entre eux. Mais à mon
avis il faut aller plus loin dans cette quête, peut etre je n'y arriverai
jamais, mais c'est deja un chemin qui me plait. Cette
philosophie ne se fait elle pas au détriment du scénario ? Non
car c'est un tout. Faire un film c'est comme écrire de la musique, bien
placer les points d'orgues au bon endroit pour le rythme, et le transport de l'emotion.
Le scénario c'est la premiere charpente, je n'ai jamais collé au
scénario, je vais toujours plus loin, vers les images qui portent les emotions. Pour
en venir au film Mahaleo, c'est la première fois que tu tournes un film
sous forme de documentaire et en co-réalisation avec César Paes.
Est-ce que cela a changé ta manière de filmer ? Oui,
c'était différent car là, j'étais dans une recherche
de gens et dans une recherche d'histoires, une histoire avec le reel, alors que
dans mes autres films c'est moi qui creait le reel. Cette contrainte est super
interressante, j'ai appris enormement de choses.. Quelle
était ta partie dans la réalisation ?
Dans
la réalisation de ce film, j'avais un peu l'avantage de connaître
depuis longtemps les Mahaleo personnellement. Mais malgré cela, on les
ai filmés comme si c'était des inconnus. Nous les avons filmé
dans leur quotidien d'homme, de travailleur et de chanteur. C'était a nous
après d'écrire un film avec tous ces éléments du réel. Les
Mahaleo s'attendaient ils a ce film tel qu'il est ? Non
pas du tout ! Au début, ils pensaient que ca allait être un simple
reportage sur leurs vies alors que leurs vies est un prétexte a faire un
film sur les malgaches et madagascar en général. C'est le portrait
d'un pays que nous avons fait a travers les chansons de Mahaleo. Raconter les
Mahaleo, c'est raconter les malgaches et Madagascar. La
BO du film est magnifique. Tout colle à la perfection, images et chansons.
Comment avez-vous fait pour faire ces choix ? Tout
d'abord on a fait traduire toutes les chansons de Mahaleo que nous avions eu sous
la main pour que César et Agnes la monteuse, puissent comprendre . Marie
clémence qui est malgache connaissait déjà une partie du
répertoire et pour ma part, comme pour tout malgache, les chansons de Mahaleo
font parti de mon histoire. Nous avons écouté énorment de
chansons, même les inédites
On a fait un vrai travail d'archives.
Puis nous avons choisi ensemble les chansons du film, en fonction de leur thème
et de leur poesie. "
Mimosa " est absente du film, c'est volontaire ? Ah
" mimosa " ! Au début il était dans le film, mais vu les
choix drastiques que nous avons fait, on l'a enlevé, mais il y a une autre
chanson dans le film qui reflete mieux l'amour que Mimosa C'est
laquelle alors ? Je
laisse le soin aux spectateurs de la découvrir ! Quel
est le meilleur souvenir que tu gardes de ce tournage et de cette aventure en
fait ? J'en
ai pleins mais j'ai une image qui me revient : Après avoir fini le montage,
nous sommes retournés présenter le film aux Mahaleo à Madagascar.
Un soir j'étais allé à la maison de campagne se mes grand
parents à quelques km de Tana , sur le chemin deja dans ma tête j'entendais
les chansons du film. Puis arrivé à la maison Là, il y avait
des paysans qui m'attendaient. Ils voulaient me parler de leurs problèmes
de riz, d'eau de leurs vies etc
Je me suis cru vraiment dans le film. Et
là je me suis dit que nous avons fait un film très juste. C'est
aux spectateurs d'aimer ou pas, mais le film est " vrai " et "
juste ". Maintenant,
c'est quoi les projets de Raymond Rajoanarivelo ? J'ai
un scénario qui raconte le destin de 3 femmes malgaches que j'aimerais
tourner. Tu
as reçu plusieurs prix internationaux et pourtant tu sembles plus connu
à l'étranger que dans ton pays. As-tu l'impression de manquer de
reconnaissance ? C'est
vrai que mes deux précédent long métrage ont été
presents au Festival de Cannes et ont fait le tour du monde. Dans le milieu du
cinéma international, quand on pense à un cinéaste malgache,
c'est un peu vrai que c'est à moi que l'on pense. Tous mes films sont
malgaches, tournés en malgaches, mais ont aussi une ecriture universels
et peuvent être compris par n'importe quelle sensibilité. Ceci
étant, les hautes spheres de la Culture malgache ne me reconnaîssent
pas comme un de leur. Ce n'est pas un reproche que je fais. Ils ont sans doute
autre chose à faire ce qui est compréhensible dans un pays comme
le notre. Que
penses tu des films malgaches actuels ? En as-tu visionné ? Bien
sûr ! j'en ai vu beaucoup même ! Il faut agir, faire des films, c'est
bien et ca va dans le bon sens. Tout cela est louable et s'amèliorera au
fil du temps. Ce qui manque encore c'est l'écriture cinématographique,
le travail des images. C'est par la parole que le spectateur comprend l'histoire.
Par exemple, pour montrer une situation d'amour , on va faire dire aux acteurs
" je t'aime " alors que l'image dit plus de choses que les mots. On
devrais portant maitriser cela car notre propre langue est une langue allégorique,
Dans ces films video la parole remplace l'image ce qui est dommage et c'est la
dessus qu'il faut travailler, sur la mise en scène. Le
spectateur malgache abreuvé de vidéos série Z et de films
hollywoodiens ne manquent ils pas aussi de culture cinématographique pour
apprécier la valeur d'un film ? Je
ne sais pas, c'est le travail du gouvernement de donner la Culture avec un grand
C à son peuple car il ne faut pas oublier comme dit Dama " Sans Culture
il n'y a pas de developpement " Serais
tu prêt à travailler pour des productions " malagasy " Si
on me demande de faire un film , qu'il y a une belle historie, ce sera avec grand
plaisir. Cela fait 25 ans que je travaille dans le cinéma, j'aimerais
donner et offrir mon expérience aux malgaches. Oui, j'aimerais faire cela
à Madagascar Ton
rêve ultime de réalisateur ? Ce
serait de faire des films et encore faire des films Ce
serait des films malgaches ? Bien
sûr ! Ce sera toujours des film malgache ! Mais
si on te demande de tourner un film de gangsters à Paris, tu accepterais
? Oui,
mais je mettrai des gangsters malgaches !
propos
receuillis par Niry ; Sobika copyright. 07 fevrierr 2005
"MAHALEO"
Sortie cinéma en France le 16 Mars 2005
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