" Je veux encourager les jeunes malgaches à s'exprimer, à être positifs, comme moi "

Name Six lors du concert de Diams à Madagascar
Bonjour Name Six. Tout d'abord il faut que tu m'expliques. Comment on devient ambassadeur officiel de l'Unicef à 15 ans ?
Moi, je n'avais jamais vu ça… C'est peut-être grâce à ma musique. Je sais pas quoi dire… C'est un miracle ! Pour moi aussi, c'était une surprise. Au début, je me suis même demandé si ce n'était pas une blague. Mais j'ai vu que les autorités de l'Unicef étaient sérieuses. Alors j'ai foncé. Peut-être que je le méritais.
Comment as-tu été repéré ?
En novembre, je suis parti en Ethiopie, pour ma première collaboration avec l'Unicef, à l'occasion de Speak Africa. C'est un concours pour les jeunes Africains, dans le domaine du journalisme. Ils nous ont donné l'opportunité d'exprimer nos talents et de participer à une formation à Addis Abeba. Je faisais partie des deux Malgaches, avec Ida Majery, une fille du Parlement de Diégo, qui faisait de la presse écrite. Moi j'ai fait de la vidéo. Déjà, il y a eu des portraits de moi. J'ai participé au concert de clôture, en featuring avec un chanteur jamaïcain, Goldy Locks. On a composé le morceau New Day for Africa.
Quelles sont donc tes missions aujourd'hui en tant qu'ambassadeur ? Celle qu'on t'a donné, celle que tu te fixes toi-même ?
Ma mission est d'éduquer les jeunes comme moi, de travailler avec eux, de communiquer à l'aide de ma musique, de tout ce qu'il y a en moi. Le message, c'est pas exemple que l'on doit parler avec ses parents. J'étais déjà artiste, et je prends ce rôle comme un travail d'artiste. Mais en plus compliqué… Il faut que je réussisse mes études, que je sois un modèle. Nous, les jeunes, on a des choses à dire, on a des valeurs à partager ; on veut bien discuter des solutions sur les questions qui nous concernent. Moi, je veux encourager les jeunes à s'exprimer, à être positifs, comme moi. Je veux également parler pour ceux qui sont victimes d'abus, ceux qui sont trop fragiles et vulnérables.
Quels sont tes sujets de prédilection dans tes textes ?
Par exemple, j'ai déjà composé une chanson qui s'appelle Zaza Maditra (méchant garçon), qui dit qu'il ne faut pas fumer de drogue ou boire d'alcool. Il faut être sage dans la vie, rester naturel. Pour l'instant, je n'enregistre qu'en malgache, mais pourquoi le faire aussi en français ? Pour mes influences, les premiers morceaux que j'écoutais étaient américains, comme Tupac. Mais maintenant, j'aime aussi le rap français et même malgache. En fait, j'écoute un peu de tout. Mais si j'écris tous mes textes, pour la musique, je travaille avec plusieurs gars, plein d'artistes.
Peux-tu nous parler un peu de ta « longue » carrière ?
J'ai commencé à l'âge de huit ans, sous l'influence de mes frères. Ils écoutaient du rap du matin au soir, pendant que moi je jouais aux petites voitures. Ca m'a donné comme un pouvoir, je me suis dit : « Whaaa, c'est bon ! », moi aussi je veux faire ça. J'ai fait ma première scène à 13 ans, dans une petite discothèque. Ca a bien marché, et mes parents m'ont encouragé et aidé. Mes frère m'ont aussi toujours soutenu quand j'en avais besoin. Pour composer la musique, les textes, trouver des inspirations. Il y a même un qui est mon manager. Mon premier album c'est une mix-tape, on a simplement programmé de la musique sur ordinateur. En rap, un album ça veut dire avoir des acoustiques, et ça je suis en train de le préparer pour plus tard.
Tu te sens déjà prêt pour faire un gros concert tout seul, du type de l'amphi d'Antsahamanitra ?
J'ai participé à Dounia 2007, à Nosy Be, pendant 1h30, donc je suis prêt. Et puis j'ai aussi chanté au Glacier. J'y suis allé une première fois pour un hommage au percussionniste Tsota Man, qui a eu un accident à Mahajanga. Le patron m'a alors proposé de faire un cabaret… C'était bien, en général ce ne sont pas des petits gars comme moi. Et le public, il avait forcément plus de 18 ans. Et puis en à peine deux ans, tu as déjà chanté avec Lord Kossity, fais la première partie de Diam's… Ce sont des rencontres qui t'ont marqué ? C'étaient de grands grands moments. En Afrique, il y a peu d'occasion de rencontrer de grands artistes internationaux, c'est une chance incroyable de pouvoir communiquer avec eux. Mais pour Diam's, on a juste fait une prestation avant son concert, elle était très occupée.
Comment tu fais pour gérer ta carrière et tes études ?
Je suis en classe de Terminale, je dois passer mon bac à la fin de l'année. C'est difficile, parfois je me dis que c'est trop dur, que je vais lâcher… Et maintenant, en plus de devoir réviser mes leçons, j'ai des interviews ! J'essaye de m'organiser.
En fait, ça ne te laisse aucun temps pour les filles ?
Ah non ! (rire). Ca c'est impossible. Il y a tellement de choses à faire, ça fait trop, il n'y a pas de places pour les filles. Bon, je ne t'embête pas avec ça. Mais dis-moi, il n'y a pas des jalousies autour de toi, au lycée, dans le quartier ? Moi je suis un gars cool. SI quelqu'un me déteste, je dis : « Yeah, man, qu'est-ce qu'il y a ? Comment ça va ? » Je communique, je suis là pour ça. Au lycée, on m'a beaucoup félicité. Et on m'aide à bosser. Surtout en mathématique… Quand je fais des spectacles, je suis obligé de faire des rattrapages. Là, je vais même faire un cours supplémentaire de 20h à 21h. Je vais faire le maximum, j'espère que l'Unicef m'aidera aussi.
Quels sont tes projets à court terme ? Pour le moment, c'est le bac (littéraire), d'ici le mois de juillet. Après je ferai peut-être du droit à l'université. L'album est lui prévu pour décembre, mais je commencerai à y travailler vraiment en septembre. Dans la musique, il me reste plein de choses à faire, on peut toujours s'améliorer. Concernant l'Unicef, ils ne m'ont pas encore donné de programme, ils veulent surtout que je me concentre sur mon bac.
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Propos receuillis par la Rédaction Sobika (c) Sobika.com
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