19 MARS 2008 : Sehenon, chanteuse malgache...du monde !
Interview-portrait de Seheno, une musicienne malgache comme son nom l'indique mais cosmopolitaine chanteuse enracinée. Très peu connue des malgaches eux mêmes, elle nous présente son 1er album « Ka » (Lokanga / Fairplaylist) sortie prévue le 25 avril prochain…Une petite perle d'ouverture sur d'autres cultures tout en préservant son identité malgache, c'est ce qui se dégage de Séheno et de ses compositions. Petite interview . Crédit photos Gérard Gouet
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"C’est une musique qui me ressemble : une malgache qui vit à Paris et qui côtoie différentes cultures ."
Bonjour Seheno. Peux-tu nous retracer ton parcours musical? Je crois savoir que tu as commencé la musique très tôt...
La musique a toujours été présente dans ma vie, comme pour beaucoup de malgaches j’imagine. Il se trouve que j’ai grandi dans la famille des Railovy et c’était pour moi une très bonne école de la scène. J’ai toujours aimé l’ambiance avant, pendant et après un concert. Je suis autodidacte, même si depuis que je vis à Paris, j’ai travaillé les percussions brésiliennes, le théâtre, la danse et je me suis initiée au chant classique indien avec une vocaliste indienne à Calcutta.
Les Railovy t’ ont-ils influencés ?
Certainement, même si ce n’est pas conscient. Ma musique ne ressemble pas du tout à la leur mais ils sont là, quelque part…
Justement, tu vas bientôt sortir ton 1er album « Ka », comment a démarré ce projet?
Je voulais depuis longtemps écrire mes compos et créer mon propre répertoire mais je ne me sentais pas vraiment prête, alors j’ai préféré bosser pour les autres dans des groupes afros, reggae, jazz... Jusqu’à ce que je décide il y a 3 ans de lâcher tout ça et de monter mon groupe. J’ai eu la chance de rencontrer des supers musiciens avec lesquels je m’entends très bien, dont Prabhu Edouard, percussionniste indien qui a réalisé l’album.
De quoi parle “Ka”
« Ka » vient de « Koa », dans ce disque de 12 titres je chante les choses qui me touchent, m’interpellent, il y a de la joie, de l’amour, de la colère, de la folie.
Comment as-tu rassemblé tous les musiciens qui jouent sur cet album, il y a des français, des indiens, malgaches ?
Avec Prabhu, on a voulu se rapprocher le plus du son live pour ce disque. Et l’enregistrement s’est fait dans un théâtre (L’Odéon à Tremblay en France) dans cet esprit. Il y a donc eu une équipe de base avec des invités. Tous les musiciens qui jouent dans le disque sont des amis ou des gens dont j’aime le travail comme Mimil, Régis Gizavo, Mikidache, Sandip Chatterjee…
Tu chantes principalement en malgache dans ce disque, la signification des textes a-t-elle une grande importance pour toi ?
Je me suis posée la question de savoir dans quelle langue je pouvais chanter mes émotions intimes et ce qui m’est venu naturellement est le malgache. La langue malgache est très musicale, j’aime la sonorité des mots, le rythme qu’il y a à l’intérieur.. Ce qui ne veut pas dire que je ne veux pas chanter dans d’autres langues mais je trouve que le malgache a tout à fait sa place dans le paysage musical international.
Difficile en parlant de ta musique d'y coller une étiquette, néanmoins si toi, tu devais la présenter, comment la définirais-tu ?
C’est une musique qui me ressemble : une malgache qui vit à Paris et qui côtoie différentes cultures . Mes inspirations viennent autant de mes racines malgaches que de mes rencontres. Ma façon de les interpréter et de les façonner sont très personnelle. Je ne saurais étiqueter ce que je fais, musiques du monde, musique actuelle…Il y a un peu de tout çà.
Ton album est aussi inédit car il est éco-conçu (boitier rond en carton, livret en papier fait main) est-ce une volonté militante ?
Non, c’est juste une question de sensibilité. Je suis concernée comme beaucoup par les problèmes écologiques que traversent la Terre actuellement . Toute la production de cet album est « fait maison » et on voulait vraiment aller jusqu’au bout de nos idées. Alors, on est allé en Inde pour rencontrer des artisans qui travaillent sur du papier fait main et toute la fabrication s’est faite là-bas dans une démarche écologique et équitable. Notre distributeur Fairplaylist est aussi engagé dans le commerce équitable et écologique du disque.. On voulait éviter le plastique dans l’album, d’où l’utilisation de matériaux recyclables et respectueux de notre environnement. Dans ce domaine tout le monde doit et peut agir à son niveau, il y a urgence.
Tu seras sur scène prochainement à Paris, le 12 juin au New-Morning...
Oui ce sera le concert de la sortie d’album, avec quelques invités. En attendant on fera un showcase au Bus à Tana le 15 avril prochain. Sinon, l’album sera présenté en avant-première au RNS à Vichy. Et pour ceux qui veulent plus d’infos : www.seheno.com www.myspace.com/seheno
Pourquoi tiens-tu à inaugurer « Ka » à Madagascar ?
C’est un choix de cœur, c’est une façon pour moi d’honorer la source de mon inspiration et de partager ma musique avec le public du pays.