04 février 2008 : Interview de Solofo Rafenombolatiana
Se lancer sur le marché de des réseaux sociaux comme FaceBook LinkedIn ou Myspace n'est pas l'apanage que des Américains. Un malgache fort de ses nombreuses années dans les NTIC s'est lancé dans la course avec Beetnic.com et Beesbox.com. Des malgaches qui osent, cela mérite une interview ! Rencontre avec un entrepreneur dans l'âme, Solofo Rafenombolatiana
Sobika : Solofo, merci de nous accorder cette interview dans ton agenda très chargé. Avant de parler de Beetnic et Beezbox, tes projets 2.0, peux tu te présenter rapidement pour nos lecteurs ?
Bonjour à tous les lecteurs de Sobika.com ! Je m'appelle Solofo Rafenombolatiana. Je suis le fondateur de Beetnic.com et de Beezbox.com. L'un est un réseau social dédié aux personnes multiculturelles et l'autre est un service de réseau social en marque blanche pour les entreprises
Comment en es tu arrivé à te lancer dans ce type de projet où dominent des entreprises mondiales comme FaceBook voire Myspace ?
J'ai toujours baigné dans les nouvelles technologies. J'ai travaillé pendant 15 ans en tant que manager pour des entreprises comme HP ou Bull. Chez Bull, je dirigeais 600 personnes sur la partie marketing et direction des ventes.
Tu es de formation technique ou commerciale ?
Je suis de formation purement technique puisque je suis diplomé de SupTelecom
Tu avais des postes à responsabilité dans de grandes entreprises multinationales, pourquoi s'être lancé dans l'entrepreunariat ?
C'est vrai que la tradition de ma génération a été de faire des études, surtout scientifique pour les garçons plutôt que de se lancer dans l'entreprise. Mais j'ai attrapé le virus de l'entrepreneur en créant Mobiligence au début des années 2000. Mobiligence était peut être un peu en avance pour son époque puisque nous proposions alors des services mobiles pour la 3G. Après l'aventure Mobiligence que j'ai revendu à une boite d'intégration ( informatique ) , je suis parti à Hong Kong pour Thomson. Je devais monter pour eux une plateforme de téléchargement numérique car une grosse partie du business de Thomson c'est la post production de contenus avec la société Technicolor. Ils avaient donc l'opportunité de gérer comme Apple l'a fait avec Itunes, la vente de contenus numérique et les appareils. Pendant un an j'ai bossé sur ce projet pour, mais entretemps, Apple sortait Itunes et ses Ipod avec le succès qu'on connait. La question pour Thomson était de savoir s'il fallait continuer dans cette voie avec les investissements que cela comportait et cette concurrence d'Apple ou bien se recentrer sur d'autres projets, ce qu'ils ont préféré faire. C'est a cette époque où j'étais à l'étranger, que Myspace.com venait d'apparaitre, que m'est venue l'idée de Beetnic.com, un réseau social pour les personnes multiculturelles, émigrées ou expatriées. FaceBook n'existait pas encore.
Comment as tu pu financer le lancement de ton réseau Beetnic.com
Au début sur fonds propres jusqu'en septembre 2007. Aujourd'hui, j'ai des business angels comme partenaires financiers ce qui me laisse une marge de manoeuvre. J'ai une équipe de développement en Inde, des collaborateurs en France. C'est une équipe très beetnic !
Comment vois tu le développement de ton entreprise ?
Quand le développement de Beetnic.com a commencé, FaceBook n'existait pas encore. Personne n'aurait pu prévoir le succès de FaceBook. Mais dès le début de Beetnic, j'ai prévu de baser mon business sur le réseau social pour les entreprises et non sur le grand public.
Peux tu préciser un peu pour nos lecteurs qui ne sont pas forcément des connaisseurs en la matière ?
Aujourd'hui " tout le monde" bouffe du FaceBook, ma fille la première ! C'est le réseau social n°1 sur internet. Les réseaux sociaux sont dans la vie privée de tous les jours des internautes et cela va forcément arriver dans celle des entreprises. C'est là qu'intervient BeezBox, notre plateforme en marque blanche pour les entreprises qui souhaitent intégrer un réseau social interne à leur entreprise ( ndlr. Pour vous faire une idée, ce serait une sorte d'intranet basé sur un modèle facebook/myspace ect, le but étant que les intranets soient remplacés par des réseaux sociaux...). Notre stratégie est donc d'avoir un site grand public, beetnic.com, pour exister en termes d'images et d'audience, pour valider notre plateforme technique avant de la proposer aux entreprises en marque blanche via Beezbox.
Beetnic.com aujourd'hui est opérationnel ?
Oui et j'invite les malgaches à le découvrir ( www.beetnic.com ) ! Très bientôt, il sera possible de créer son propre réseau social avec son propre nom de domaine ( comme Ning, pour ceux qui connaissent ) tout en bénéficiant de l'audience de Beetnic.
Monter un projet comme beetnic, un projet international, ca nécéssite beaucoup de fonds ?
Pour réussir un projet comme celui la, il est très important de lever des fonds. Sur Mobiligence, j'avais levé 500 000 €, en 2000. Aujourd'hui c'est plus dur, mais c'est nécéssaire. Il ne faut pas partir avec l'idée d'avoir 100% du capital, il faut penser à le partager pour avoir les fonds nécéssaires au dévelopement de l'entreprise. Si tu veux avancer, il faut avoir des investisseurs. si tu veux des investisseurs, il faut des objetcifs ambitieux, national ou international.
Qu'est ce qui est le plus difficile dans un projet en début de vie comme le tien ?
Le plus dur, c'est la levée de fonds. c'est un travail de longue haleine à trouver des investisseurs. Ensuite, c'est de garder motivée l'équipe qu'on a constitué. Pour se lancer, il faut du courage ou être un peu fou !
Ton concept s'applique aux personnes multiculturelles, aux expatriés en général. Est ce que les malgaches sont concernés et du business peut il se mettre en place entre Madagascar et toi ?
Bien entendu que Beetnic concerne les malgaches comme toi et moi par exemple. FaceBook, Yahoo!, Myspace...sont des sites mondiaux, mais tout ne peut pas être mondialisé. Il y a toujours de la place pour les plateformes locales et c'est que nous proposons.
Comment ca ?
On recherche des partenaires dans toutes les parties du monde, Madagascar compris donc, qui souhaiteraient exploiter à leur compte la partie locale de Beetnic. Ex Beetnic Madagascar serait géré par des malgaches, Beetnic Tunisie par des tunisiens ect...Ces personnes sont chargées de développer le business publicité, partenariat et l'audience pour tout ce qui concernera Madagascar ou l'amérique du sud par exemple. Il y a un potentiel important. FaceBook vaut 15 milliards de dollars aujourd'hui.
Merci Solofo pour toutes ces réponses. Avis donc aux personnes qui veulent participer à l'aventure du web2.0, Beetnic recherche des partenaires malgaches