
" Les jeunes, avec la situation du pays, doivent prendre des responsabilité"
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Bonjour Mr Serge Ranaivo. Vous êtes le nouveau ministre de la Jeunesse. Quel constat faites vous de la situation de la jeunesse aujourd'hui  ?
 Bonjour. Ce qu’il faut tenir compte aujourd’hui, c’est que la jeunesse est en dégradation. On le constate par rapport au contexte de la mondialisation relié au développement de la communication dont l’Internet et le téléphone. Surtout, la culture entrepreneuriale n’est pas tout à fait acquise, un des points faibles de la jeunesse malagasy.
Quand vous dites, culture entrepreneuriale, ceci veut dire quoi exactement ?
Cela veut dire "savoir créer des richesses" comme le fait de partir de 0 Ariary pour arriver à 1 Ariary et ainsi de suite...Il faut inculquer l’esprit de débrouillardise. Souvent, les moyens restent une excuse mais c’est faisable. Le cas du président de la HAT peut être cité, celui de Marc Ravalomanana ou aussi  le mien aussi. Pour Andry Rajoelina, il a commencé comme créateur d’événement pour en arriver à la création d’Injet et d’acquérir un groupe audiovisuel. C’est aussi le cas de Marc Ravalomanana qui est parti de la collecte de lait pour en arriver à une firme nationale.  Quant à moi, après la mort de mon père, j’ai dû continuer le DJ-jing pour assurer mes études et par la suite j’ai créé une société de communication, mon option d'études dans l’enseignement supérieur.
Ok, mais qu’est-ce que vous préconisez pour les jeunes ?
Eh bien, il faut mettre en place un terrain favorable à l’entrepreneurship mais cela ne peut se faire sans que la considération de la santé,de l’économie et l’éducation. La raison est toute simple, c’est à partir de  là que la dégradation de la jeunesse se constate et peut être gérée afin qu’elle ne soit pas un blocage pour le développement : le Sida, la drogue ainsi que l’absence de culture entrepreneuriale.
Qu'allez vous faire donc au sein de votre ministère de la jeunesse ?
Suite à la passation entre le ministre qui s’est chargé de l’intérim et moi même ( hier ) , il existe actuellement une charte nationale de la jeunesse. Cette charte nationale, elle ne peut être validée sans la participation de tous les acteurs comme la plateforme de la jeunesse. D’ailleurs, cette dernière a déjà effectué des assises nationales où les résolutions vont servir pour étoffer la politique nationale de la jeunesse. Une politique qui se base par la mise en place de la maison des jeunes.
La maison des jeunes, que va-t-elle apporter pour la jeunesse ?
Cette maison des jeunes va d’abord être mise en place par le ministère dans un premier temps et la gestion peut être confiée par des opérateurs privés. Elle sera implantée dans les chefs lieux des  ex province. Elle sera sous forme de pépinière d’entreprise, c'est-à -dire un pôle d’information mais surtout  un espace d’accueil pour les jeunes : cyberspace, centre de formation, lieu de réunions thématiques, espace d’échange,… Et par rapport à ce projet, on pense mettre en place le fonds national de la jeunesse.
A part cela, que peut-on aussi dire des perspectives du ministère ?
Notre activité sera focalisée d’abord par la réalisation de ce projet. Par la suite la mise en place des antennes dans les 22 régions. Mais nous pensons aussi mettre en place un conseil des jeunes, et cela au niveau des régions. Sinon, il y a aussi la continuité des activités déjà entreprises par le ministère comme les formations de coupe et couture.
Pour vous, Serge  Ranaivo, mis à part cet engouement pour le développement de la jeunesse, êtes vous venu a la politique par hasard est-ce un cursus bien défini ?
J’avoue que tout jeune,  j’ai plus ou moins côtoyé le milieu politique du pays car mon père était dans le système politique. Il a toujours travaillé dans les cabinets ministériels. Du moins, en politique, je faisais parti des personnes averties. Dans mon cursus professionnel, j’ai déjà aussi fait le tour de Madagascar durant le temps où j’étais chef de programme des relations publiques de la Brasserie Star. J’ai pu constater que les jeunes n’ont pas droit à la lecture, à aucun espace de création… Animé d’un esprit de partage, j’ai décidé de faire de la politique. Je ne suis pas encore membre d’un parti mais j’ai commencé avec l’association TGV. Et là on a commencé par traiter plusieurs problèmes pour être traduit en projets de société par la suite.
Vous parlez de l’association TGV de Andry Rajoelina ?
Oui. Jusqu’à présent TGV reste une association. C’est seulement après le congrès que son statut peut être changé en parti. Et je suis le coordonateur national pour Analamanga
Un dernier message pour les jeunes ?
Je me suis vu confié le poste de ministère de la jeunesse par le président de la HAT.  Et je ne peux que dire que les jeunes, avec la situation du pays, doivent prendre des responsabilités mais surtout se prendre en charge et œuvrer pour le bien du pays.
Propos recueillis par Prisca R