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22/07/10 :  Entretien avec Dr Blanche Nirina, de l 'organisation de la société civile CS CRAN

 

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" Le CS CRAN a été mis hors circuit parce qu'il n'a cessé de promouvoir la consultation populaire pour résoudre le problème actuel à Madagascar"

 

Interview de Blanche Nirina Richard de l'organisation du CS CRAN suite à la convention proposée entre l'alliance et la coalition, des sociétés civiles . Elle reproche d'avoir été tenu à l'écart de la convention de partenariat entre les deux poles de la société civile

 

Ou en est on du rapprochement attendu entre les deux poles de la Société Civile ?

L'Alliance des organisations de la société civile a proposé une convention de partenariat de manière à rassembler l'Alliance, la Coalition et le KMF CNOE en omettant d'y intégrer, d'y incorporer les autres organisations de la société civile au même niveau qu'eux-mêmes. La convention de partenariat n'a pas été signée jusqu'à aujourd'hui avec la Coalition, nous savons tous pourquoi. L'Alliance met en exergue une condition sine qua none qui est l'application des accords de Maputo et de l'acte additionnel d'Addis Abeba en ce qui concerne la gestion de la transition par les quatre mouvances.

Votre organisation, le CS CRAN n'a pas été inclus dans cette nouvelle union. Pourquoi ?

Comme je viens d'expliquer tout à l'heure, le CS CRAN a été mis hors circuit parce qu'il n'a cessé de promouvoir la consultation populaire pour résoudre le problème actuel à Madagascar. N'oublions pas que la cause de la crise actuelle est la recherche d'un nouvel ordre constitutionnel. Pour nous, ce qui doit primer est l'élaboration de la constitution mais nous nous sommes érigés en balise des tenants du pouvoir depuis le mois d'avril 2009 en demandant l'organisation des assises nationales prévues par la HAT parce que les politiciens changent toujours de position en fonction de leurs intérêts, en fonction du contexte pour leur permettre de préserver leurs intérêts.

L'émergence de la société civile est-ce juste un phénomène à la mode ou est-ce une structure qui a un fondement ?

Lorsque la HCC a proclamé sa décision de mettre en place la HAT, la HAT pour amener le changement et la démocratie à Madagascar, a proposé de consulter les forces vives de la Nation. Donc, les organisations de la société civile ou OSC, toutes réunies, à cette époque, autour du premier ministre, à savoir les grands ténors de l'Alliance, les grands ténors de la Coalition, et puis différentes organisations de la société civiles provenant essentiellement des régions se sont rencontrés chez le premier ministre pour lui demander l'organisation des assises nationales pour baliser les dérapages éventuels des politiciens. Mais après concertation, l'Alliance a réclamé la mise en place d'une transition gérée de manière consensuelle, source de dissidence entre les OSC. Et si nous avons quelques souvenirs, ils ont commencé à jouer les médiateurs. Plusieurs réunions ont eu lieu au Carlton. Notons que ces ténors étaient mêmes à l'origine des quatre mouvances après les assises nationales.

Mais pour l'instant, la société civile connaît des différends. Que pensez vous de cette situation ?

Le problème de la société civile est que depuis les assises nationales (2 et 3 avril 2009), nous sommes passés de 22 Oragnisations de la Société Civile , à une cinquantaine d'organisation : le Sefafi, le FFF, RAR en faisaient partis mais ils s'en sont exclus.

Quelles sont les attentes de votre organisation le CS RAN ?

Il ne faut pas oublier le problème. L'inexistence d'ordre constitutionnel. Et même la communauté internationale dénonce la HAT pour être un « dirigeant putschiste ». C'est la raison de l'absence de la reconnaissance internationale au pouvoir actuel. Là où je veux en venir c'est que pendant le régime Ravalomanana on a dénoncé une tyrannie, une dictature . Le fait que le dirigeant ai confondu les affaires publiques et ses affaires personnelles ! Des maires n'ont pas pu bénéficier du fonds local de développement, d'autres ont été emprisonnés,… Sans oublier le cas du maire de Tana ( Andry Rajoelina ) , qui en plus de tout cela, a été victime d'un excès de pouvoir du numéro de l'Etat ce qui l'a poussé à revendiquer la démocratie.

Le problème à Madagascar est que le cadre juridique existant permet aux tenants du pouvoir d'abuser de leur pouvoir. En réponse à cela, il faut créer un cadre juridique évitant cela, un cadre juridique accepté par tous et ériger par tous. Cela afin d'éviter une crise cyclique caractérisée par un putsch dans la rue. Ce refus, cette non adhésion provoque une expression de l'opinion populaire dans la rue. Le CS CRAN veut un changement, c'est-à-dire un cadre juridique accepté par tous et non proposé uniquement par les dirigeants. Nous disposons d'un cadre juridique mais rarement mis en place ou qui n'est pas du tout installé. Parmi ces cas, il y a la haute cour de justice. Avec cette cour, nous aurions pu régler le cas d'un président qui abuse de son pouvoir. Aussi ce qu'il faut aujourd'hui c'est un texte rédigé à partir des aspirations populaires, créant un cadre juridique correspondant au contexte malgache.

Recueillis par Prisca R.

Jeudi 15 juillet 2010

 

 


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