12/03/10: Entretien avec M. Hugues RAJAONSON, coordinateur national du CREM
Point de vue sur la situation économique actuelle et préconisations.
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Mr Rajaonson, en tant que coordonnateur national du CREM, vous avez tenu une rencontre avec la HAT. A qui revient cette initiative ?
Suite à mon intervention dans "INVITE du ZOMA", Mr. JOSEPH Yoland nous a contacté pour discuter de ce nous pouvons proposer. Dans les principes qui régissent le CREM, nous avons le devoir d'assister tous responsables d'Institution (POLITIQUE, SOCIAL, etc.) dans toutes réflexions de politique et/ou de stratégie DANS LE BUT DE CONTRIBUER A développer Madagascar et ce, quelque soit leur tendance (Gauche, Droite, ...). J'ai rencontré Mr. JOSEPH Y. puis nous avons convenus d'une date. L'initiative revient donc à la HAT.
La situation economique est tres difficile du fait de la situation politique. Quelles preconisations apportez vous pour sortir de la crise économique ?
Nous avons toujours dit que l'économique et le social reposent sur la CONFIANCE.
Aussi, nous proposons : a) A très court terme (jours – semaine) une prise de responsabilité de toutes les mouvances sur l'aggravation de la situation économique et sociale qui risque de mener Madagascar dans une figure d'irréversibilité non soutenable pour une petite économie comme la notre.
Nous préconisons une reprise du dialogue pour élaborer ensemble une trajectoire (si imparfaite qu'elle soit) de sortie honorable à toutes les mouvances . En effet, aucune des mouvances ne sortira indemne de cette crise, car la responsabilité citoyenne est commune. Par ailleurs, nous proposons un retour au dialogue autour de notre philosophie d'existence même en tant que malagasy : "NY FANAHY NO OLONA". En effet, ni le coeur (la haine) ni l'intelligence (discrimination) ne mènerait à quelque chose de positif. Seul ce FANAHY MALAGASY peut nous mener à une solution véritable. Ce FANAHY, la Communauté Internationale ne le connaît pas. Elle introduit le juridique et la politique qui relèvent de l'intelligence discriminatoire.
Dans la même période, toutes les mouvances doivent convenir d'arrêter toutes dérives
(abus de biens sociaux, abus de pouvoir, trafic d'influence, ...) puisque celles-ci deviendront la base d’une économie informelle et d’une souterraine florissante dommageable pour le pays.
b) A court terme (prochain mois), il s'agit de mettre en place les institutions inscrites dans la convention qui résultent des dialogues.
c) élaboration des différentes réformes économiques et sociales urgentes pour limiter les effets de la crise dans les années 2011 et 12.
d) la présence des bailleurs de fonds est nécessaire mais dans un cadre défini par les priorités malagasy. En effet, si les bailleurs de fonds sont présents dans un pays où le système économique et financier ne répond pas aux vrais besoins des populations (emplois, éducation, santé, infrastructures, etc.) tout financement risque d'alimenter les chemins habituels de priorité des politiques, etc.
Ces préconisations indiquent elles que Madagascar peut se passer du financement international classique ?
Madagascar ne pourra se passer de l’aide étrangère classique – du moins à moyen terme, soit pour au moins 6 ans. Quelques conditions d’atténuation peuvent être mises en oeuvre pour réduire l’impact de la pénalisation internationale, telles que :
Pour l’Administration Publique : efficacité de l'affectation des ressources, contrôle strict des dépenses, pénalisation de toute intervention notamment des contrôles fiscales, …,
Pour le Privé : mise en place de mesures incitatives pour le secteur privé sur une période de 3 ans (taux d’intérêt préférentiel, subvention, exonération de certains impôts, etc.).
Pensez vous que Madagascar est un pays attractif pour un investisseur ? Quels sont les avantages et inconvénients de Madagascar face à la concurrence mondiale actuelle ?
Non, malheureusement Madagascar n'est pas attractif pour nombre d’investisseurs puisque, comme je l’ai souligné plus haut, tout repose sur la CONFIANCE. Peu nous font confiance, à cause de notre côté girouette (comportement instable) !!
De plus notre capital humain n'est pas un atout. La main d'oeuvre est peu expérimentée et souffre d'une mauvaise réputation: « main-d’œuvre et cadres malagasy = olona tia-kely »....
En revanche, les salaires sont compétitifs.
Quels sont, selon vous, les secteurs qui peuvent "tirer" la croissance du pays en 2010 ?
Si tout se passe bien politiquement et dans les hypothèses d'application des dispositifs de contrôle, etc. : Tourisme, Mines, Télécommunication et Agriculture.
Comment analysez vous les chiffres du chômage à Madagascar qui sont plutôt incroyablement bas ( à peine 5% de chomeurs) ? Cela correspond-il a la réalité du travail non déclaré en fin de compte ou est ce une méthode de calcul inadaptée ?
A Madagascar il y a un chômage déguisé très important. Les statistiques malagasy ne reflètent que peu de choses par rapport à la réalité, et les moyens affectés à l'INSTAT sont dérisoires. Cependant, l’analyse économique à Madagascar ne nécessite pas de statistique fine, car les observations des variables qualitatives (mal être, boom du secteur informel, boom du banditisme, etc.) en parlent beaucoup plus.
Pour lutter contre le travail non declaré, que pourrait-on faire?Â
Il faudrait développer des moyens de contrôle systématiques d’urgence et stopper le trafic d’influence.
Quelles ont été les conclusions du CREM à l'issue de votre rencontre avec la HAT et quelles ont été les remarques de la HAT ?
Nous attendons de voir ! En attendant, une conférence est programmée demain (NDLR : mardi 02 Mars 2010) l’Hôtel Colbert à 11 H pour démontrer les coûts de cette crise.
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