03/0610 : Entretien avec Gilbert Raharizatovo
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"la priorité des priorités doit être d’abord la résolution de cette crise qui est éminemment politique"
Que pensez-vous de l’idée de dialogue national ?
« A priori, c’est une bonne chose car plus que jamais on en a besoin. Beaucoup d’évènements ont crée beaucoup de fractures, de mécontentement, de frustration et de méfiances. D’ailleurs au cours de notre histoire de ces cinquante années d’indépendance, nous avons mis en relief tout ce qui nous diverge sans avoir mis en exergue tout ce qui nous unit.
On a parlé pour la première fois de cette réconciliation nationale par le dialogue nationale en 91-92 après les dégâts engendrés par les conflits ouverts entre Herivelona et l’Arema.
Ce n’est donc pas une chose nouvelle par contre on la met en branle à chaque crise alors que cette « réparation » de l’histoire doit se faire en temps normal avec une tête reposée et avec un thème de référence bien ficelé. Au moins dans ce cas, il n’y aura ni manipulation de l’opinion publique ni une mise en marche d’une stratégie purement politique.
Le Raimandreny qui amorce ce processus mérite un « Fisaorana be dia be » comme nous avons l’habitude de le dire.
Par contre le R.P.M relève quelques points importants :
Pour justifier que nous ne sommes pas contre ce dialogue pour la réconciliation nationale, nous avons participé à la première rencontre au panorama.
Les déclarations officielles du régime laissent entendre que c’est lui qui a pris l’initiative ou du moins chapeaute l’initiative. De ces déclarations, les suspicions s’installent.
Les thèmes abordés ne mettent pas en priorité la résolution des crises. 3 thèmes ont été avancés : Réconciliation nationale, méthodologie et marche vers la 4ème république.
Au contraire, cette résolution des crises fait partie d’un sous-ensemble dans Fampihavanana. Or la priorité des priorités doit être d’abord la résolution de cette crise qui est éminemment politique.
Le RPM prône la tenue de la Présidentielle avant la législative pour quelles raisons ?
Pourquoi et pour quelle raison les législatives passent avant la présidentielle alors qu’il s'agit de l'Assemblée Nationale de la quatrième république. Ce n'est pas logique du tout mais il s'agit tout simplement d'une stratégie politique pour maintenir Rajoelina au pouvoir coûte que coûte. RAJOELINA a déclaré qu'il ne se présentera pas à la prochaine élection présidentielle pour un souci de neutralité. Par contre il organise au mois de septembre selon le calendrier avancé par le pouvoir pour l'élection législative. En fait s'il organise cette élection il pourra encore contrôler les réseaux électoraux avec sa mouvance ce qui facilitera l'obtention d'un grand nombre de députés. Disposant de cette majorité, Andy Rajoelina sera désigné par sa majorité comme premier ministre de la transition d'abord. Cela renforcera l'emprise de sa mouvance dans le paysage politique avec l'aide de l'effet d'entraînement de la victoire lors de la législative.
Andry Rajoelina soutiendra un candidat originaire des régions côtières pour garder la logique de toujours quand un Président vient d'une région côtière le premier ministre doit être un originaire des hautes terres. Andry Rajoelina peut faire fi aussi à cette logique découlant d’un souci d’équilibre aux temps de Ratsiraka et qui a garantit une certaine stabilité en adoptant la politique de Ravalomanana.
Andry Rajoelina continue la route vers la quatrième république. Le mandat du président est de quatre ans. A l'issue de ce mandat, Andry Rajoelina aura exactement 4O ans et il sera candidat par la suite. Bref, Andry Rajoelina adopte une stratégie intelligente en imposant la législative avant la présidentielle. Cette pratique ne diffère pas de celle que nous avons vécue autrefois mais nous avons choisi de "changer". C'est la raison pour la quelle nous avons chassé Ravalomanana. ANDRY RAJOELINA ne fait que continuer les pratiques d'antan
Quelles solutions avancez-vous pour résoudre cette crise qui tarde à se dénouer ?
Le R.P.M. réitère qu’il faut d’abord désamorcer cette crise politique qui a tendance à perdurer dans le temps et qui crée chaque jour des dégâts collatéraux et d’autres paramètres ingérables.
1.Cette crise plurielle est politique. La solution ne peut être que politique et au niveau des forces politiques.
2.Les 4 mouvances arbitrairement désignées au début et qui constitue une erreur fondamentale ne peuvent plus résoudre cette crise, il faut élargir le cadre de négociation vers les autres sensibilités. On peut définir les autres sensibilités par les autres partis qui ont une envergure nationale.
3.Maputo, Addis Abeba et Prétoria n’ont pas abouti car les problèmes sont ramenés aux problèmes spécifiques des deux antagonistes : Ravalomanana exige son amnistie, Rajoelina ne veut pas qu’on touche à son pouvoir.
4.Pour débloquer la situation, le RPM avance les suggestions ci-après : La synthèse de l’esprit de Maputo et des aspects techniques de Teny Ifampierana peut être une solution. Comme le Teny ifampierana a déjà avancé la mise en place des institutions de la transition, il faut riper ce problème d’amnistie vers cette chambre mais il faut dans ce cas englober le problème de Ravalomanana dans un cas général.
Pour celui d’Andry Rajoelina, une convention à l’issue du dialogue des partis du type définira le rôle que doit jouer ce Président de la HAT actuel dans la nouvelle structure de la Transition.
5.La convention (de type 31 octobre) définira la structure et la feuille de route. Elle servira de base juridique de la transition.
C’est le seul moyen pour sortir de la crise. On peut intégrer les forces armées dans cette recherche de solution de sortie de crise.
Votre opinion sur l’affaire de « Radio Fahazavana »?
Au reflet des conjonctures actuelles, il est très difficile de distinguer une mesure administrative et un règlement de compte politique ou répression politique. En réalité, le rôle des Journalistes ne consiste pas à cultiver la haine. Déontologie oblige.
Par contre dans un périmètre de crise, c’est le rapport de force qui compte car la politique est un rapport de force. Dans une crise politique pareille qui perdure, tous les moyens sont bons pour rompre l’équilibre. Bref, chacune des forces antagonistes utilise tous ses moyens. Il faut avoir toujours en tête que tous les problèmes qui touchent les médias et les journalistes intéressent tout le monde et deviennent d’un coup un levier important des rapports de force dans le paysage.
C’est en bloquant la station VIVA que Ravalomanana est devenu l’ennemi de tout le monde.
Radio Fahazavana, Radio Fréquence Plus,… Ces actes sont de très mauvais signes pour le régime Rajoelina. Il devient son propre fossoyeur. Les contestations pleuvent et l’affaire d’incarcération de plusieurs journalistes prend une ampleur incroyable d’autant plus que le Collectif des journalistes est prêt à aller jusqu’au bout.
Recueillis par Ony A. le 02 juin 2010
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