ARTISTES- SPORTIFS-HOMMES POLITIQUES
Ils s'expriment sur Sobika.com
ACTUALITES FETY GASY FORUMS MISS SOBIKA TEMOIGNAGES PETITES ANNONCES TAKELAKA

•• INTERVIEW ••



Mme Yvette Rabetafika Ranjeva Ambassadeur délégué permanent auprés de l'Unesco ( Ici lors de la visite en France du Président Marc Ravalomanana )

 

Bonjour, Mme l’Ambassadeur. Merci de nous accorder cet entretien qui permettra à tous nos internautes de mieux vous connaître. Tout d’abord, depuis quand êtes-vous en poste ?

Le décret de nomination est intervenu en Juillet 2002, j’ai rejoint mon poste en septembre et présenté mes Lettres de créance au Directeur général de l’Unesco en octobre 2002.

Comment est intervenue votre nomination ?

Comme dans beaucoup de pays, le choix d’un Ambassadeur est une prérogative du Chef de l’Etat, qui fait la proposition au Conseil des Ministres. C’est ainsi que j’ai été nommée. En fait, depuis que mon mari a commencé à travailler comme Juge à la Cour Internationale de Justice aux Pays-Bas en 1991, j’ai cherché à me faire détacher par l’Université d’Antananarivo, où j’étais Maître de Conférences, sur un poste en Europe. La Délégation permanente auprès de l’Unesco m’intéressait particulièrement avec ses activités culturelles et scientifiques et à cause de son caractère multilatéral, les fonctions de mon mari m’interdisant de travailler dans une Ambassade bilatérale. Je vous ferai grâce des péripéties de ma situation administrative pendant toutes ces années, et je suis reconnaissante au Président Ravalomanana de m’avoir choisie pour ce poste d’Ambassadeur.

On vous a vu aux côtés de l’Ambassadeur Jean-Pierre Razafy-Andriamihaingo lors des réceptions du 26 juin. Mais quelle est la spécificité de votre fonction en tant qu’Ambassadeur auprès de l’Unesco ?

Il faut savoir qu’historiquement, c’est l’Ambassadeur bilatéral en France qui était aussi Délégué permanent auprès de l’Unesco jusqu’en 1994. Le Président Zafy avait alors nommé un Ambassadeur auprès de l’Unesco et depuis, Madagascar accrédite un Ambassadeur, Délégué Permanent auprès de l’Organisation.

La Délégation permanente (Repermad Unesco comme on l’appelle communément) représente Madagascar auprès de l’Unesco dont le sigle du nom indique déjà les centres d’intérêt et les domaines d’activités de mes collaborateurs et de moi-même : l’éducation, la science, la culture, la communication, comprenant chacune des sujets très diversifiés, nous amènent à étudier d’innombrables dossiers, et à passer beaucoup d’heures de débats dans la grande maison. Il nous arrive aussi de participer à des réunions, des colloques ou des manifestations organisés par des organismes qui nous invitent si les contacts peuvent être fructueux pour le pays. Puis nous transmettons les informations et la documentation aux Ministères, aux Organisations, aux Institutions concernés à Madagascar. Pour cela nous travaillons étroitement avec la Commission nationale malgache pour l’Unesco.

En quoi consiste cette Commission nationale ?

La Commission nationale pour l’Unesco est un organisme interministériel, où se retrouvent les Ministères concernés par les domaines d’intervention de l’Unesco. Le Ministre de l’Enseignement Secondaire et de l’Education de Base en est le Président, l’administration est dirigée par un Secrétaire général. La mission de cette Commission consiste à coordonner, sur le plan national, les projets et programmes de Madagascar en relation avec l’Unesco, et dans certains cas, de gérer les fonds alloués par l’Unesco.

La Repermad Unesco intervient à quel moment entre la Commission nationale et l’Unesco ?

Nous avons diverses missions d’intermédiation. Auprès des délégations malgaches en mission auprès du Siège de l’Unesco, mais aussi auprès des associations, groupements ou individus qui souhaitent prendre contact avec les différents secteurs de l’Unesco pour élaborer des projets et programmes. Nous suivons par ailleurs les dossiers des programmes au Secrétariat de l’Unesco, au besoin les défendons devant les instances de décisions de l’Organisation, une fois qu’ils nous ont été transmis par la Commission nationale ou les Ministères.

Par ailleurs Madagascar est candidat cette année à des organes subsidiaires de l’Organisation. Il y a donc un travail de lobbying à faire pour appuyer notre candidature. Les élections auront lieu en octobre pendant la Conférence générale.

Quels types de projets sont en cours à Madagascar avec l’Unesco ?

De nombreux projets sont en cours. Nous pouvons citer, entre autres, des volets du programme "Education pour tous", les réserves de biosphère comme celle de l’île Radama-Sahamalaza, la sauvegarde du patrimoine, comme les Tsingy de Bemaraha, la colline royale d’Ambohimanga, la réhabilitation du Rova d’Antananarivo, etc…. Vous voyez l’importance que revêt l’Unesco pour un pays comme le nôtre.

Vous êtes donc une Mission de Madagascar à l’extérieur. Combien de personnes y travaillent ?

La Repermad/Unesco est une chancellerie. Nous sommes une équipe de 11 personnes actuellement. Nous sommes des diplomates et des fonctionnaires de l’Etat malgache et non des salariés de l’Unesco, comme certains fonctionnaires internationaux.

Avez-vous une obligation de résultat vis-à-vis de la Présidence ?

Je crois que nous avons tous une obligation de résultat vis-à-vis de la Nation, que l’on soit Ministre, Ambassadeur ou simple travailleur.

Vous connaissiez le Président avant votre nomination ?

Oui bien sûr, mais il était dans le monde des affaires alors que j’étais dans le monde universitaire. Ce sont deux mondes différents mais deux mondes qui gagneraient à se rencontrer.


En digne représantante de son pays, Mme L'ambassadeur sait cultiver l'élégance malgache !


Maintenant que vous êtes installée en France, vous faites partie de ce qu’on appelle "la Diaspora". Quel regard portez-vous sur elle ?

Cette question est intéressante et j’avoue être incapable d’y répondre de manière simple et directe. Je voyais la Diaspora avec les yeux d’une Malgache de Madagascar. Je n’ai jamais vécu longtemps en France, et même en vivant aux Pays-Bas, je faisais des va-et-vient entre La Haye et Antananarivo, donc je suis restée proche des étudiants et des collègues de mon université. Je leur rends hommage car j’ai vu les difficultés de leurs conditions de vie et de travail. On avait l’impression que la Diaspora se désintéressait du sort des compatriotes au pays, alors que les intellectuels malgaches en France de l’ancienne génération, tels que Raymond William Rabemananjara, Jacques Rabemananjara, ou feu le Professeur Rakoto-Ratsimamanga, avaient beaucoup œuvré pour l’indépendance. Vous connaissez leur "Serment sur la Montagne" ? Ils se rencontraient dans un restaurant de la Montagne Sainte Geneviève et y avaient juré de lutter pour l’indépendance de Madagascar. Mais je dois reconnaître que la nouvelle génération de la Diaspora s’est beaucoup impliquée lors de la crise. Maintenant que j’ai plus d’occasions de rencontrer des membres de cette Diaspora, je la trouve plus sympathique, active et concernée par la vie de la nation.

Un sondage du quotidien l’Express de Madagascar indiquait qu’une très grande majorité de malgaches ne voulait pas voir de membres de la Diaspora à des postes de responsabilité. Qu’en pensez-vous ?

Je pense qu’il faut se mettre à la place de la personne qui vit à Madagascar. Elle vit les difficultés de la vie quotidienne. Que peut elle penser quand elle apprend qu’un Malgache venant de l’étranger est nommé à tel ou tel poste ? C’est un peu perçu comme une injustice envers ceux qui vivent et travaillent à Madagascar. Ceci dit, le partenariat entre les Malgaches du pays et ceux de la Diaspora doit être renforcé de manière à éviter les frustrations de part et d’autre. La Diaspora, même si elle ne vit pas en permanence dans le pays, a un grand rôle à jouer pour "son développement rapide et durable".

Vous êtes une des personnalités parrainnant le 1er concours des sites internet malgaches "La Toile Malagasy" qui se tiendra le 18 octobre. Internet et Madagascar, cela représente quoi aujourd’hui ?

Pour l’instant, internet à Madagascar, c’est un outil de communication qui devrait être un outil de développement. Tout le monde s’accorde à dire qu’internet est aujourd’hui primordial pour un pays comme le nôtre. L’essentiel est d’arriver à démocratiser son usage.

Qu’est ce qui a changé pour vous dans votre vie depuis votre nomination ?

D’un point de vue professionnel, aujourd’hui je travaille à plein temps pour le pays mais à l’extérieur. Je suis entourée d’une bonne équipe qui connaît bien les rouages de l’Unesco, notamment mon bras droit Mme Rasoanaivo Randriamamonjy et le Conseiller Claude Babany. D’un point de vue personnel, le changement réside dans mon nouveau lieu de résidence, puisque je suis installée à Paris. Il y a forcément beaucoup de va-et-vient entre La Haye et Paris en fin de semaine.


Madame l’Ambassadeur, je vous remercie pour cette interview et vous souhaite une bonne réussite dans le cadre de votre mission.

Merci à vous : je suis toujours heureuse de mieux faire connaître notre Mission.

 


RETOUR HOME

 
 
Rencontrer des Malgaches
Namana Taloha
Relooker son mobile !
Espace Webmasitera Malagasy
Les archives Photos de Sobika
Horoscope quotidien
 

Interview de l'Equipe de la Toile Malagasy

 

Le Parcours de Jean Pierre Razafy - Andriamihaingo, Ambassadeur de Madagascar en France

 

Découvrez l'interview de l'Ambassadeur !

L'Interview Vérité de Rossy

 

Ajoutez Sobika aux favoris
PUBLICITE CONTACTS
Copyright sobika.com 2001-2003 © Tous droits réservés. Reproduction même partielle interdite.